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Cigarettes surdosées « L’industrie du tabac commet un génocide organisé en Afrique »

Par Katy Romy

Ce contenu a été publié le 11 février 2019 16:56 11. février 2019 - 16:56

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Les morts liées au tabac vont doubler sur le continent africain d'ici à 2030, selon l'Organisation mondiale de la santé. (Feisal Omar/Reuters)

La Ligue Sénégalaise Contre le Tabac appelle les pays africains à contrôler la composition des cigarettes importées. Elle réagit au scandale des cigarettes suisses surdosées vendues en Afrique, révélé par la journaliste d’investigation indépendante Marie Maurisse.
Le président de l’organisation Amadou Moustapha Gaye pointe aussi du doigt «le laxisme» des autorités helvétiques.

Fumer nuit gravement à la santé mais encore davantage en Afrique. Une enquêteLien externe de Marie Maurisse, lauréate du prix d’investigation de Public Eye, a récemment démontré que les entreprises suisses fabriquent des cigarettes volontairement plus addictives, mais aussi plus nocives, pour le marché africain que pour le marché suisse.

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Enquête Les cigarettes suisses font un tabac en Afrique
Une enquête révèle l’importance des exportations de cigarettes suisses en Afrique et la plus haute toxicité de ces produits.

Par Marie Maurisse, journaliste d’investigation indépendante, et Théa Ollivier, journaliste à Casablanca
La Suisse est en effet le seul pays du continent européen à exporter des cigarettes plus toxiques que celles fumées par ses propres ressortissants. Une pratique interdite par une directive en vigueur au sein de l’Union européenne (UE). Le président de la Ligue Sénégalaise Contre le Tabac (LISTAB) Amadou Moustapha dénonce les stratégies «monstrueuses et mortifères» des cigarettiers établis en Suisse.

swissinfo.ch: Comment réagissez-vous à l’enquête commanditée par l'ONG Public Eye sur le double standard appliqué par les géants du tabac?

Que peuvent faire les pays africains concernés pour lutter contre ce phénomène?

L’industrie du tabac doit nous dire ce que contiennent réellement ces cigarettes. Les pays africains doivent se concerter pour contrôler davantage les produits qui sont importés, en particulier lorsqu’il s’agit du tabac, qui tue plus de sept millions de personnes dans le monde. Le Burkina Faso est le seul pays d’Afrique disposant d’un laboratoire qui analyse systématique les cigarettes importées. La LISTAB a écrit au gouvernement sénégalais pour exiger qu’il trouve un moyen de mettre en place des contrôles. La santé de la population en dépend.
Dans un communiquéLien externe, vous accusez la Suisse de «laxisme coupable». Qu’attendez-vous de la Confédération ?

Nous n’accusons pas directement le gouvernement helvétique. Toutefois, nous ne comprenons pas qu’un Etat aussi responsable que la Suisse puisse permettre à des

industries insérées sur son territoire de produire des cigarettes si nocives, avec des teneurs si dangereuses pour les populations. D’un point de vue moral, l’Etat devrait être plus regardant et examiner ces produits avant de permettre qu’ils soient diffusés dans d’autres pays. Nous allons contacter l'ambassade de Suisse au Sénégal pour lui poser des questions.

Comment la population sénégalaise a réagi en apprenant que « fumer des Camel light à Casablanca revient à consommer des cigarettes plus nocives que des Camel Filters à Lausanne» ?

Les consommateurs de tabac ont été sidérés et effrayés d’apprendre que les cigarettes qui nous viennent de Suisse sont doublement toxiques. La consommation de tabac nous posait déjà des problèmes, alors si on ajoute des cigarettes surdosées, la situation s’aggrave encore. Nous avons commencé une campagne d’information pour alerter la population.

La loi sénégalaise peut-elle être améliorée pour lutter contre le tabagisme ?
Le Sénégal a déjà l’une des meilleures lois anti-tabac d’Afrique. Depuis 2017, des avertissements sanitaires sous forme d’images sont placés sur les deux faces des paquets de cigarettes. Grâce à cela, les Sénégalais ont davantage conscience du fait que le tabac est mortel. Dans une société où beaucoup de gens ne comprennent pas les teneurs ou ne savent parfois pas lire, l’image est plus efficace que le texte. Nous avons aussi interdit la fumée dans les espaces publics ainsi que la publicité pour les produits du tabac.

La lutte anti-tabac au Sénégal Le Sénégal vote déjà une loi, en 1981, sur l’interdiction de la publicité relative au tabac et de son usage dans les lieux publics. Cette loi n’a pas les effets escomptés. Elle subit même des modifications, en 1985, qui feront sauter l’interdiction de fumer dans les lieux publics pour ne garder que l’aspect lié à la publicité. En 2004, le pays ratifie la Convention Cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. En 2008, la société civile va accompagner les autorités dans la rédaction d’un texte de loi réglementant la production, la distribution et l’usage du tabac. La loi de mars 2014 constitue l’aboutissement du processus.

Le contenu de la loi peut-être décliné en cinq points: l’interdiction de toute forme d’ingérence de l’industrie du tabac dans la définition des politiques de santé, l’interdiction de toute forme de publicité, promotion ou parrainage qu’ils soient directs ou indirects, l’affichage des avertissements sanitaires illustrés par des photos en couleur, sur 75% des principales faces de tout emballage de tabac et de produits du tabac, l’interdiction totale de fumer dans tous les espaces publics, l’adoption d’une taxation forte. (source: L’Afrique des idéesLien externe)

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QU'EST-CE QUE LA FUMÉE SECONDAIRE ?


La fumée de tabac secondaire est le mélange de fumée émise par l'extrémité brûlante d'une cigarette ou d'autres produits du tabac et de fumée exhalée par le fumeur. La FTS contient des milliers de produits chimiques connus, dont au moins 250 sont réputés cancérogènes ou toxiques.

Protection contre l'exposition à la fumée de tabac secondaire. Recommandations politiques, OMS