SURVEILLANCE DE L’INDUSTRIE - CAMEROUN
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Les ingérences de l’industrie du tabac au Cameroun

La lutte contre le tabagisme au Cameroun.

Le Cameroun a ratifié le CCLAT-OMS le 3 février 2006. Avant la ratification, le seul document juridique sur la lutte contre le tabagisme était la décision votée en 1988 portant interdiction de la consommation des produits dérivés du tabac dans les institutions sanitaires. Après la ratification, le Cameroun a voté une loi ; la Loi n° 2006/018 en 2006, interdisant toute forme de publicité. En 2007, il adopta une Ordonnance qui stipule qu’une moyenne de 50 % l’espace devant et derrière le paquet de cigarettes soient couverts de d’avertissements d’ordre sanitaire. Les institutions d’éducation, y compris les universités, ne permettent par la consommation de cigarettes depuis 2007. Cependant la législation sur le combat contre le tabagisme au Cameroun est faible, et permet à l’industrie du tabac de maintenir ses activités sans contrôle adéquat de la part des autorités nationales.

Ingérences de l’industrie du tabac.
L’industrie du tabac au Cameroun est impliquée dans la fabrication, l’exportation et l’importation de produits dérivés du tabac. Le Gouvernement, par le biais du Ministère de l’agriculture, encourage la culture du tabac en fournissant des subsides à la fédération des planteurs du tabac du Cameroun (FP TC). Tout récemment elle a fourni une assistance financière d’un montant de 150 millions de franc CFA à 900 paysans de la fédération des planteurs de tabac et de denrées alimentaires du Cameroun.

L’industrie du tabac profite de l’absence d’une loi-cadre sur la lutte contre le tabagisme au Cameroun pour élaborer ses activités tout à fait librement :

• elle continue la commercialisation et la publicité de ses produits en violation de la Loi n°2006/018 du 29 décembre 2006.
La prolifération des kiosques, des affiches publicitaires, des parapluies, des T-shirts et d’autres gadgets de communication portant les logos des marques de cigarettes est tout à fait observable dans les grandes villes du Cameroun.

• À la télévision la publicité des produits dérivés du tabac est faite par le truchement des vedettes locales qui exhibent et fument des cigarettes ou utilisent des produits dérivés du tabac.

• Les feuilletons télévisés exhibent des marques de tabac et montre des scènes où l’on fume.

• La publicité sur les produits dérivés du tabac, y compris la cigarette électronique, est présente sur l’Internet par le biais des réseaux sociaux gérés par des Camerounais.

• La publicité intervient également dans les supermarchés et d’autres centres commerciaux du Cameroun métropolitain.

• Le 11 juin 2013, l’industrie du tabac a rendu public un message publicitaire qui avait pour titre « Que serait le monde sans l’industrie du tabac » dans le Cameroun Tribune faisant croire qu’elle contribue à l’essor de l’économie nationale et décrivant le commerce illicite du tabac comme un problème qui mérite beaucoup d’attention.

• Le 4 avril 2014, elle a publié une page publicitaire dans le Cameroun Tribune qui avait pour titre « La vente illégale de cigarettes sans la vignette des taxes au Cameroun est un mal croissant fermant » et décrit la vente de cigarettes sans les vignettes du Département des taxes comme une perte de revenus pour le Gouvernement.

• À l’occasion de la Journée internationale du NON au tabac de 2014, la Société Anglo-Américaine de Tabac a publié un communiqué de presse demandant à l’Organisation Mondiale de la Santé parenthèses (OMS) et au Gouvernement de faire confiance aux produits dérivés du tabac ayant un bas niveau de dangérosité pour les consommateurs dans le but de promouvoir une approche plus moderne de la lutte contre le tabagisme (HTTP ://www.Cameroun–on ne marie. Comme bar ? PG égale actu et idées égales 26 304 008.

• L’industrie du tabac, croit-on, offre des actions aux fonctionnaires dans l’administration camerounaise pour contrecarrer le processus d’adoption du projet de loi sur la lutte contre le tabagisme au plan national et la mise en œuvre des dispositions existantes relatives à la lutte contre le tabagisme.

Ainsi l’industrie du tabac au Cameroun est considérée comme un obstacle majeur à l’adoption d’une loi-cadre sur la lutte contre le tabagisme.

Suivi-évaluation de l’industrie du tabac au Cameroun.
Le suivi-évaluation de l’industrie du tabac (TIM) au Cameroun a été mis en œuvre par une ONG appelée Coalition Camerounaise Contre le Tabac (3CT). Il s’agit d’une coalition de 20 organisations communautaires dédiées exclusivement à la lutte contre le tabagisme et à la mise en œuvre des CCLAT. L’objectif de 3CT était de faire le suivi, d’exposer et de dénoncer les activités de l’industrie du tabac qui visent à affaiblir la lutte contre le tabagisme.

3CT a mené plusieurs activités avec le soutien de l’ACTA pour répondre à des cas d’ingérence de l’industrie du tabac observés au Cameroun.

• Elle a mis en place une équipe de suivi-évaluation (Equipe TIM) pour suivre les activités de l’industrie et alerter les autorités nationales et le grand public.

• Elle a organisé des ateliers sur le suivi de l’industrie du tabac et ses tactiques en vue du renforcement des capacités des activistes de la société civile et des journalistes, considéré comme étant des partenaires essentiels pour le travail de suivi et d’exposition de l’industrie du tabac en violation de l’Article 5.3 du CCLAT et de ses directives.

• Les conférences et d’autres points de presse ont été organisés, conduisant à la publication de beaucoup de récits sur les blogs, dans les bulletins de liaison, et les médias sociaux.

• Le plaidoyer avec les médias a conduit à la publication d’un certain nombre d’articles dans les journaux.

Tout au long de la durée du projet, C3T a mené des plaidoyers avec des hauts fonctionnaires et des cadres du Gouvernement, des politiciens, des autorités religieuses et parlementaires pour l’adoption du projet de loi sur la lutte contre le tabagisme au plan national.

• En août 2013, C3T a envoyé une lettre au Premier Ministre dans laquelle elle dénonce la violation de la loi n°2006/018 du 29 décembre 2006 régissant la publicité sur le tabac au Cameroun. Des ampliations copies de la lettre furent envoyées au Ministre de la Santé, au Ministre du Commerce et au Ministre de la Communication. En juin 2000 C3T a été envoyé une correspondance de protestation contre la culture du tabac au Cameroun, lettre destinée au Premier Ministre avec copie au Ministère de la Santé et au Ministère de l’Agriculture.

Principaux acquis

a. Une équipe TIM fut mise en place pour suivre de près l’industrie du tabac et dénoncer ses ingérences dans les activités du combat contre le tabagisme.

b. Les capacités de C3T en matière de suivi-évaluation de l’industrie du tabac ont été renforcées.

c. Il y a une prise de conscience accrue et un soutien au sein des organisations de la société civile et des médias sur l’article 5.3 de la CCLAT et ses directives.

Conclusion
La forte présence de l’industrie du tabac au Cameroun, avec ses immenses ressources, représente un défi majeur pour les efforts des activistes de la lutte contre le tabagisme en vue de l’adoption d’une législation conforme à la CCLAT. Les ressources sont rares pour faire face à la puissance de l’industrie du tabac. Il y a également un manque d’intérêt criard de la part des décideurs par rapport à l’adoption de mesures fortes contre l’industrie du tabac à cause des intérêts d’argent dans les opérations de l’industrie du tabac. L’adoption et la mise en œuvre effective de la CCLAT n’aura lieu que lorsqu’il y aura un changement d’attitude vis-à-vis de l’industrie du tabac au niveau le plus élevé du Gouvernement.

 

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Une pub anti tabac plutôt bien foutue !