Avec le taux de tabagisme chez les adultes le plus élevé de la région africaine, le Botswana a besoin de toute urgence d’une loi antitabac forte pour protéger ses citoyens des effets néfastes du tabac

Avec le taux de tabagisme chez les adultes le plus élevé de la région africaine, le Botswana a besoin de toute urgence d’une loi antitabac forte pour protéger ses citoyens des effets néfastes du tabac

Déclaration de Leonce SESSOU, Secrétaire Exécutif de l’Alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique (ACTA)

Lomé, 22 Décembre 2020

Selon les statistiques du rapport de l’enquête mondiale sur le tabagisme chez les adultes (Global Adult Tobacco Survey – GATS) au Botswana, lancée le jeudi 17 décembre 2020 par le ministre de la santé et du bien-être du pays, le Dr Edwin Dikoloti, 240 000 adultes âgés de 15 ans et plus (17,6%) consomment du tabac. Ceci est le taux le plus élevé de la Région africaine de l’OMS.

Cette situation est effrayante car le tabac est la principale cause de décès évitable, provoquant la mort d’au moins 8 millions de personnes dans le monde chaque année et créant un énorme fardeau économique et environnemental pour la société.

Le Botswana a ratifié la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) le 31 janvier 2005. En tant que partie à la convention, il est tenu d’adopter et de mettre en œuvre des mesures visant à protéger ses citoyens des méfaits du tabac.

Malheureusement, les statistiques du rapport GATS révèlent une situation plutôt précaire. Par exemple, le rapport révèle que 82,2 % des adultes ont acheté des cigarettes vendues en détail. L’industrie du tabac s’efforce de maintenir la vente de cigarettes en détail car elle rend le produit disponible et abordable pour tous, ce qui facilite la dépendance.

Le rapport du GATS Botswana indique également que 12,2 % des adultes travaillant dans des lieux clos ont été exposés à la fumée du tabac. 13,8 % des adultes ont été exposés à la fumée du tabac dans leurs domiciles et 67,4 % ont été exposés à la fumée du tabac dans les bars et les boîtes de nuit. Il s’agit là d’une autre situation préoccupante car l’Organisation Mondiale de la Santé a affirmé que l’exposition à la fumée du tabac est très dangereuse. Sur les 8 millions de décès causés par le tabac chaque année, 1,2 million sont dus à l’exposition des non-fumeurs à la fumée.

Par ailleurs, 42,5 % des fumeurs actuels pensent arrêter de fumer en raison des mises en garde sanitaires sur les paquets de cigarettes. Bien que cela prouve que les avertissements sanitaires ont le potentiel d’aider les fumeurs à arrêter, ils sont malheureusement inexistants au Botswana. L’enquête indique que 83,9 % des fumeurs adultes étaient intéressés à arrêter de fumer, mais seulement 7 % y sont parvenus. Prioriser les avertissements sanitaires sur les paquets de tabac serait certainement bénéfique pour le gouvernement et le peuple du Botswana.

Il est également prouvé que l’augmentation des prix des produits du tabac par une taxation appropriée permet de faire baisser les taux du tabagisme tout en augmentant les recettes publiques.

Les résultats du GATS Botswana sont assez inquiétants et soulignent la nécessité de prendre des mesures fortes et urgentes pour sauver des milliers de personnes des effets mortels du tabac. Tout en félicitant le gouvernement d’avoir mené l’enquête, nous l’exhortons à intensifier ses efforts pour résoudre les problèmes identifiés par l’enquête. Nous invitons le gouvernement à accélérer le processus d’adoption du projet de loi antitabac.

Les compagnies du tabac comme British American Tobacco Botswana et ses alliés vont sans doute essayer de retarder l’adoption du projet de loi ou de l’affaiblir. Mais quel que soit leurs arguments ou actions, leur objectif demeure de faire des profits et non assurer le bien-être de la population.

Le Botswana est désormais connu pour avoir le taux de tabagisme chez les adultes le plus élevé de la région africaine. Il importe que le pays adopte de toute urgence sa loi antitabac pour changer cette situation.

Cliquez ici pour télécharger la déclaration

Media contact: AYONG I. CALEB

Email: ayong@atca-africa.orgv


L’ACTA est un réseau panafricain d’organisations de la société civile à but non lucratif et apolitique dont le siège est à Lomé, au Togo. Avec des membres dans 38 pays, l’ACTA se consacre à la promotion de la santé publique et la prévention de l’épidémie du tabagisme sur le continent.

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