Kenya : les autorités doivent prendre des mesures pour protéger la jeune génération contre la commercialisation en ligne des produits du tabac.

Déclaration de Leonce SESSOU, Secrétaire Exécutif, Alliance pour le Contrôle du Tabac (ACTA)

Lomé, 25 Février 2021

Un rapport d’enquête publié par le journal The Guardian révèle que British American Tobacco (BAT) utilise des influenceurs pour promouvoir ses produits en ligne. Le rapport expose les efforts de BAT pour commercialiser ses produits de nouvelle génération au Kenya, citant ce pays d’Afrique de l’Est comme l’un de ses “marchés pilotes les plus intéressants”. Il fait mention d’un rapport de grande envergure du Bureau du journalisme d’investigation (The Bureau), qui expose également la manière dont BAT a attiré de jeunes adultes, des non-fumeurs et même des enfants au Kenya.

Des preuves irréfutables confirment que BAT et d’autres multinationales du tabac ont toujours nié avoir ciblé la jeune génération. Ces rapports du journal The Guardian et du Bureau prouvent une fois de plus que non seulement BAT ment au sujet du fait qu’elle cible les jeunes, mais qu’elle le fait délibérément, avec l’intention d’augmenter ses ventes, même si cela implique de rendre les jeunes accros au tabac, qui est bien sûr nocif pour la santé humaine.

Comme le souligne le rapport du journal The Guardian, le marché de BAT au Kenya se concentre sur la vente de Lyft, son produit oral à base de nicotine, via le point de vente en ligne Jumia, où il a été classé dans la catégorie des produits festifs. Sur un autre site web, les clients ont été redirigés vers des produits qu’ils pourraient également apprécier, comme les cigarettes Dunhill et Sportsman. Préoccupée par le rapport du Bureau, la société de relations publiques Engage BCW, engagée par BAT, a tenté de soudoyer un journaliste pour obtenir des informations importantes dudit rapport. Même si BAT a rompu les liens avec l’agence depuis l’incident, cette situation rappelle une fois de plus que l’industrie du tabac ne reculera devant rien pour atteindre son objectif bien connu, celui de faire des bénéfices, même au détriment de la santé publique.

La commercialisation de produits du tabac en ligne par l’intermédiaire d’influenceurs est une violation flagrante de l’article 13 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) qui exige des parties qu’elles s’engagent à interdire complètement toute publicité, promotion et parrainage en faveur du tabac.

L’Alliance pour le contrôle du tabac en Afrique (ACTA) condamne cette action de British American Tobacco, ainsi que la tentative de corruption de son ancienne agence de relations publiques.

Nous félicitons le gouvernement kenyan pour ses efforts continus visant à garantir la santé de sa population et appelons à plus d’actions pour mettre pleinement en œuvre la Conventioncadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). L’ACTA appelle également à une mobilisation massive de la société civile pour dénoncer ces tactiques de l’industrie du tabac. Nous demandons instamment à la communauté de la lutte
antitabac de rester ferme dans ses efforts de surveillance de l’industrie du tabac et de riposte.

Contact media: AYONG I.
CALEB Email: ayong@atca-africa.org


L’ACTA est un réseau panafricain d’organisations de la société civile à but non lucratif et apolitique dont le siège est à Lomé, au Togo. Avec des membres dans 39 pays, l’ACTA se consacre à la promotion de la santé publique et la prévention de l’épidémie du tabagisme sur le continent.

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