Togo : la consommation de tabac affecte plus les pauvres que les riches

Togo : la consommation de tabac affecte plus les pauvres que les riches

Au Togo, suivant les résultats de l’enquête nationale par grappe à indicateurs multiples (MICS), le taux de prévalence du tabagisme est estimé en 2017 à 0,9% chez les femmes et 10,6% chez les hommes, de 15 à 49 ans (INSEED, 2018).

Au Togo, la consommation de tabac concerne environ 10,6% des homme (15 à 49 ans), et près de 0,9% des femmes (soit plus de 10 fois moins) en 2017, selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED (2018), reprises par une récente étude du CADERDT sur les impacts économiques de la consommation de tabac sur les ménages togolais. Une enquête dont les résultats ont été présentés au public, mardi 19 avril 2022.

« En plus d’avoir des conséquences sanitaires dont les cancers, l’obstruction des voies respiratoires, la réduction de la fonction pulmonaire, les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux, [la] consommation de tabac n’est pas sans conséquences sur le bien-être des ménages. », relève le Centre d’étude. 

En effet, en termes de ressources financières, les dépenses de tabac se font « au détriment des dépenses pour la satisfaction des besoins essentiels comme l’alimentation, l’éducation, la santé, le logement », outre leur tendance à modifier les dépenses de ceux qui fument, à cause de « la nature addictive » du tabagisme.

Les populations rurales et pauvres plus affectées 

Selon l’étude, la consommation de tabac affecte significativement plus les populations pauvres et rurales, comparées aux couches à revenus intermédiaires, puis à celles plus riches. 

En effet, à cause de la faible proportion de fumeurs, la consommation de tabac a un faible impact économique sur les dépenses des ménages, pris globalement, et « les dépenses de tabac n’ont d’effets qu’au sein des ménages à revenu faible, ceux à revenu intermédiaire et ceux vivant en milieu rural », indique le rapport.

Dans le détail, « s’agissant des ménages à revenu faible, une hausse de leurs dépenses de tabac de 1000 FCFA provoque : une baisse de la part du logement, de l’énergie de cuisson, de l’éducation, de l’alcool, du divertissement et des jeux de hasard dans leur budget, avec une amplitude variant de 0,00002 pour le divertissement à 0,008 pour le logement ; et une hausse de la part de l’alimentation dans leur budget, de 0,006. », selon l’étude rétrospective, basée sur les données de la dernière Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM 2018-2019).

Notons qu’au Togo, la part essentielle des ressources des ménages est consacrée à l’alimentation. 50% des ménages consacrent au moins 43,68% de leur budget annuel aux dépenses alimentaires, ce qui représente un montant d’à peu près 573 198 FCFA, selon les données disponibles. Ces dépenses sont suivies des dépenses non spécifiées (36,35%), et des dépenses liées au logement (au moins 4,99% du budget annuel du ménage médian).

Dans ce contexte, le CADERDT recommande de renforcer la lutte contre l’achat du tabac et ses produits dérivés au Togo, en ciblant particulièrement les ménages à revenu faible et intermédiaire des milieux ruraux. Il suggère également la mise en place d’un système mixte de taxation du tabac et de ses produits dérivés ainsi que le renforcement de la lutte contre le commerce illicite des produits de tabac à travers l’amélioration du contrôle de leur marquage sécurisé obligatoire.

Source: Togo First

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