Environnement : l’OMS alerte sur l’impact délétère du tabac

Environnement : l’OMS alerte sur l’impact délétère du tabac

Des milliards de mégots et de tonnes d’eau utilisées, des millions de tonnes de CO 2 dans l’atmosphère… L’Organisation mondiale de la santé et l’initiative anti-tabac STOP tirent la sonnette d’alarme sur la nocivité du tabac, négligée par le public. Et pointent la responsabilité de l’industrie.

Fumer tue, on le sait. Le tabac est responsable de la mort de 8 millions de personnes par an, dont un million liées au tabagisme passif, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais il menace également l’environnement, alerte l’organisation, de concert avec STOP (Stopping Tobacco Organizations and Products), une initiative créée en 2018 par Michael Bloomberg , l’ancien maire de New York, très impliqué dans la lutte anti-tabac.

« Jusqu’à aujourd’hui, les dégâts dus à l’industrie du tabac ont reçu peu d’attention des politiques comme du public », a déploré en fin de semaine le directeur du département Promotion de la santé de l’OMS lors d’une conférence. « Le tabagisme empoisonne les personnes mais aussi la planète », a-t-il assené.

4.500 milliards de mégots

Dans le monde, plus d’un milliard de personnes fument encore. Quelque 6.000 milliards de cigarettes partiraient en fumée chaque année. De sa production à sa consommation, l’empreinte écologique de la fameuse clope est considérable. « Environ 4.500 milliards de mégots sont jetés tous les ans. Cela fait de ce déchet l’un des plus importants au monde », ajoute Ruediger Krech, qui précise que les experts en retrouvent des traces dans 70 % des oiseaux et 30 % des tortues. Sur les bords de la Méditerranée, 40 % des déchets ramassés sont des mégots, dont certains composants sont toxiques pour les animaux comme pour les plantes.

Les mégots restent la forme la plus visible des dommages causés à l’environnement, font valoir l’OMS et STOP. La culture du tabac nécessite aussi beaucoup d’énergie, d’engrais, et 22 milliards de tonnes d’eau. D’après l’OMS, la production annuelle (32 millions de tonnes) contribuait à près de 84 millions de tonnes équivalent CO2, soit 0,2 % du total des émissions.

La production serait en outre responsable de 5 % du déboisement mondial. « 90 % des cultures sont concentrées dans les pays en développement, expose la secrétaire de la convention-cadre de l’OMS (FCTC) pour la lutte anti-tabac, Adriana Blanco Marquizo, or, les terres arables sont limitées et la planète a besoin d’alimentation. »

Nouveaux déchets

Andy Rowell, chercheur à l’Université de Bath et partenaire de STOP, pointe également l’émergence de « toute une nouvelle génération de déchets dangereux : plastiques, batteries, métaux… » liés aux nouveaux produits développés par l’industrie du tabac comme les e-cigarettes ou les produits du tabac « chauffé ». « Les grandes entreprises encouragent à passer à l’électronique mais il y a du greenwashing autour de ces produits », accuse-t-il, déplorant qu’« on parle de l’impact de l’industrie du pétrole, jamais du tabac ».

Chez les investisseurs, certaines majors du secteur sont particulièrement bien notées en matière de performance environnementale. Philip Morris International s’est ainsi vu décerner un « triple A » pour ses efforts sur le climat et la gestion de l’eau et des forêts par l’association à but non lucratif CDP en début d’année.

Mais pour l’OMS et STOP, l’impact environnemental néfaste du tabac est « intentionnellement minimisé » par l’industrie lorsqu’elle présente « ses produits et pratiques nocifs pour l’environnement et la santé comme durables ». A deux semaines de la journée mondiale sans tabac, ils plaident pour des mesures politiques et des campagnes de sensibilisation.

Source: Les Echos

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