Usage de la chicha au Sénégal : Les effarants chiffres d’un danger émergent

Usage de la chicha au Sénégal : Les effarants chiffres d’un danger émergent

L’inspiration vient du Mali voisin. Dans ce pays en effet, les autorités ont décidé d’interdire l’usage du narguilé plus connu sous le nom de chicha. Un arrêté interministériel pris à cet effet, menace tout contrevenant. Lesquels risquent une peine de prison allant d’un à dix jours, sans préjudice d’une amende. Au Sénégal, cette mesure fait réagir.

Le projet malien fait des émules à Dakar. Le président de la ligue sénégalaise de lutte contre le tabac (Listab), Amadou Moustapha Gaye qui a salué la décision des autorités maliennes de la transition, souhaiterait une copie similaire émanant du ministère sénéglais de la santé et de l’action sociale.

Une mesure d’interdiction de cette pratique qui constitue un véritable danger chez les jeunes serait d’autant plus logique que le Sénégal a déjà une disposition juridique : loi n° 2014-14 du 28 mars 2014. Pour le président de la Listab, qui dit « attirer l’attention » du président de la République et de la ministre de la santé, sur « la non-application » de ladite loi, « la lutte contre le tabac au Sénégal mérite un traitement urgent et direct du chef de l’État ».

« Nous profitons de cette tribune pour solliciter publiquement son intervention », a fait savoir hier Amadou Moustapha Gaye. L’intervention du chef de l’Etat est sans doute d’autant plus urgente qu’elle se justifie par une situation épidémiologique pour le moins inquiétante.

« Une enquête épidémiologique des autorités sanitaires nationales montre que l’âge d’initiation au tabagisme est tombé à 7 ans, contre 10 ans en 2013 », révèle le président de la Listab pour lancer l’« alerte » sur « les risques que la présence du tabac fait peser sur nos pays, nos économies, nos populations dont les franges les plus ciblées sont les femmes, les jeunes et surtout les enfants qui sont particulièrement fragiles et sensibles aux produits du tabac ».

Et, au plan économique, les chiffres annoncés par le patron de la Listab, suffisent, seuls, à arrêter l’hémorragie. Amadou Moustapha Gaye qui fait état de « 400 bars à chicha enregistrés à Dakar » révèle que cette prolifération incite les jeunes « âgés entre 10 et 18 ans » de s’adonner au vapotage « au vu et au su de tous ». Par ailleurs, la Listab révèle un coût annuel du tabagisme estimé à près de 122 milliards de francs Cfa, dont 74 milliards rien que pour les dépenses de soins de santé liés au tabagisme (coûts directs).

Dans cette rubrique, « les ménages supportent 71 milliards des coûts par an et l’Etat dépense 51 milliards pour le traitement des patients souffrant des maladies liées à la consommation des produits du tabac ». Il y a également les pertes de revenus dues à l’absentéisme des patients et leurs accompagnants au travail et celles liées au décès des patients avant la retraite s’élèvent à 48 milliards de francs Cfa.

Le traitement des maladies non transmissibles imputables à la consommation des produits du tabac absorbe 17% du budget que le Sénégal alloue annuellement au secteur de la santé. Au Sénégal, les jeunes et les enfants sont encore très exposés au tabac et de plus en plus à d’autres drogues comme l’ecstasy autrement appelé « Volet », très en vogue dans le « Dakar by night ».

 

Source: L’actuacho

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