Ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques nationales/L’Afrique présente son indice d’ingérence

Ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques nationales/L’Afrique présente son indice d’ingérence

L’Alliance pour le Contrôle du Tabac en Afrique (ACTA) a lancé ce matin de façon virtuelle, la première édition de l’Indice d’Ingérence de l’Industrie du Tabac en Afrique, produit en collaboration avec Africa Centre for Tobacco Industry Monitoring and Policy Research (ATIM), avec le soutien du partenariat STOP, par le biais du Global Center for Good Governance in Tobacco Control (GGTC).

Léonce Sessou, directeur exécutif de la ACTA est l’homme le plus heureux au vu de l’aboutissement de cette enquête qui a été faite dans 14 pays africains (Afrique du Sud, Burkina Faso, Botswana, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Gabon, Ghana, Kenya, Mozambique, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, Ouganda et Zambie).

Selon les initiateurs de cette enquête, l’indice sur l’ingérence de l’industrie du tabac en Afrique, est une enquête régionale. Elle vise à évaluer le degré d’interférence de l’industrie du tabac dans les 14 pays qui ont participé à l’enquête, tous Parties du traité international de l’OMS, la Convention Cadre pour la Lutte Antitabac (CCLAT). Cet indice s’attache également à analyser la capacité des pouvoirs publics de mettre en place de bonnes pratiques de gouvernance destinées à se protéger de l’influence de l’industrie du tabac.

Le lancement de l’indice a permis de présenter les résultats de l’enquête par Labram Musah, directeur du Programme Vision for Alternative Development (VALD) au Ghana suivi d’un panel modéré depuis l’Afrique du Sud par Prof. Fastone Goma.
Ce panel a vu la participation de Dr. Ernest Zotoua, directeur-coordonnateur du Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions (PNLTA), de Dr. Mary Assunta, de Good Governance in Tobacco Control (GGTC), de Dr. Lukwata Hafsa, Point focal de la lutte antitabac de l’Ouagada et de Joaquim Matavel, point focal antitabac du ministère de la Santé du Mozambique.

La RSE : le cheval de troie de l’industrie du tabac

Les principaux constats faits par l’indice montrent qu’il y a des variations au niveau des performances des pays. Par exemple, selon la note de synthèse du document, « la Zambie et la Tanzanie sont en tête de liste en Afrique avec le plus haut niveau d’interférence de l’industrie du tabac concernant presque tous les indicateurs parmi les quatorze pays en 2021 par rapport au classement des pays selon l’indice mondial de 2020. »
« L’Éthiopie a régressé de 17 % (de 42 à 49) et, bien que modeste, le Ghana a enregistré une amélioration en 2021 (de 58 à 56) », a poursuit le rapport.
Le document montre que l’industrie du tabac utilise beaucoup la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) qui est la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable, est le cheval de troie pour s’ingérer dans les politiques gouvernementales et avoir leurs faveurs. Cette pratique note le rapport, s’est intensifiée pendant la crise de la pandémie Covid-19. « L’industrie a exploité les opportunités offertes par la pandémie pour s’engager auprès des organismes gouvernementaux et a tiré parti de la vulnérabilité de plusieurs gouvernements africains confrontés à une pénurie de ressources pendant la pandémie », dénonce l’indice.

Le manque de transparence dans les rapports entre les l’industrie du tabac et les gouvernements. Voici un autre aspect que l’indice a pointé du doigt. « Malgré les procédures mises en place par les pays pour amener les fonctionnaires à rendre compte de toutes les réunions avec l’industrie du tabac, il y a eu un manque de transparence persistant qui a facilité les interactions avec l’industrie du tabac, et ce, de manière plus significative en Zambie, au Sénégal, au Mozambique et en Côte d’Ivoire », peut-on lire dans le document.

Autre point relevé par l’indice, c’est que les gouvernements ont accordé des avantages à l’industrie du tabac. « Dans un grand nombre de pays africains, les gouvernements ont accordé des avantages à l’industrie du tabac. La Tanzanie, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Gabon et la Zambie sont les pays qui figurent en tête de liste où l’industrie du tabac a bénéficié de divers avantages, notamment de retards dans l’augmentation des taxes ou des allègements fiscaux, de l’ « acceptation » des activités de parrainages et de promotion de l’industrie du tabac », ont épinglé les rapporteurs.
Pour réduire l’influence de l’industrie du tabac, le document a fait 7 recommandations. Par exemple, il est recommandé aux gouvernements d’adopter « un code de conduite régissant les interactions avec l’industrie du tabac ». Ils devraient adopter précise, la recommandation, « un code de conduite qui protège les fonctionnaires de l’influence de l’industrie et limite les interactions à ce qui est strictement nécessaire ». Les pays devraient également « renforcer leur loi sur le contrôle du tabac selon une disposition de l’article 5.3, comme l’ont fait l’Ouganda et le Botswana. »

Source: Notre Voie

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